VIDEO. The Rapid Talk avec…Julien Fébreau, la F1 dans la peau

Julien Fébreau

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Retrouvez notre interview exclusive en compagnie de Julien Fébreau, le commentateur officiel de la Formule 1 sur Canal+ depuis 2013.

La série The Rapid Talk (TRT) continue avec un invité de marque pour cette nouvelle saison ! L’équipe de TRC a donné rendez-vous à Julien Fébreau, commentateur officiel de la F1 sur Canal, pour un entretien exclusif sur le Circuit de l’Ouest Parisien, à Dreux.

Autour de la piste de rallycross et du circuit asphalte, Julien Fébreau revient sur sa passion pour le sport auto, son duo avec Jacques Villeneuve depuis 2013 sur Canal + et sans oublier, sur les forces en présence pour ce deuxième Grand Prix de la saison en Autriche… 💥



Journaliste F1 depuis 2005, Julien Fébreau est passé par plusieurs rédactions avant de poser ses valises chez Canal+ en 2013, au moment où la chaîne s’empare des droits TV de la Formule 1.

À ses côtés, le Breton est accompagné en tant que consultant par Jacques Villeneuve, champion du monde en 1997 avec Williams.

Où est-on exactement ? Qu’est-ce que représente cette piste pour toi ?

(Julien Fébreau) : Nous sommes ici à Dreux, sur le circuit rallycross Philippe Chanoine. Mon père (Christian Lefeuvre) était lui-même pilote de rallycross et champion de France en 1992. Cela remonte déjà à quelques années. Pour ma part, une fois bien installé dans le métier de journaliste, j’ai pu me consacrer au rallycross. C’est une discpline passionnante, spectaculaire. Nous sommes ici sur la ligne de départ, où les voitures partent à 5 de front. En résumé, on prend des voitures de rallye, sauf qu’ici, elles se confrontent directement sur un circuit d’environ 1000m, mi-asphalte mi-terre.

Les départs sont spectaculaires ! Les voitures peuvent avoir entre 220 à 620 chevaux, selon les disciplines. La catégorie dans laquelle je roule, c’est la «Supercar», la plus puissante. Ce sont des voitures comparables à celle du championnat du monde des rallyes (WRC), sauf qu’au lieu de faire 400 chevaux, elles en font près de 620. Ce sont des monstres de puissance. Un 0 à 100 km/h se fait à peine 1.9s, le premier virage arrive très vite.



 

Pourtant, tous les week-ends, on te retrouve sur Canal + pour commenter la F1 depuis près de 7 ans. Parle nous un peu de ton duo avec Jacques Villeneuve.

(J.F) : Je connaissais déjà Jacques Villeneuve avant 2013, puisque je travaille en Formule 1 depuis 2005 (RMC 2005–2008, Europe 1 2009–2010 puis l’Équipe 2010–2012 — NDLR). Je l’avais déjà côtoyé lorsqu’il était encore pilote. J’avais déjà une très bonne relation avec lui, c’est quelqu’un de facile, un peu comme sur Canal +, direct, franc, drôle… Toutes les interviews que nous faisions étaient vraiment sympas.

En 2013, on me dit que mon consultant sera Jacques Villeneuve, c’était vraiment la personne dont je rêvais pour travailler sur la F1. Je peux le dire aujourd’hui, nous sommes amis, et même si l’on se prend parfois la tête en cabine, on en sort toujours avec la banane. Ça s’est toujours bien passé en 7 années, déjà. C’est passé très vite, et j’espère que cela durera encore bien longtemps.

«Je suis très touché qu’on associe cette phrase à moi, mais c’est le moment du départ qui est génial. Le silence est vraie signature Canal.»

Quelques années plut tôt derrière ta télévision, quel souvenir as-tu gardé de cette année 1997 et du fameux duel Schumacher-Villeneuve pour le titre ?

(J.F) : La première fois que l’on s’est retrouvé sur un Grand Prix pour Canal +, je me souviens, nous étions ensemble dans la voiture et je lui ai dit : «Il faut quand même que je t’avoue quelque chose. En 97, je te détestais car j’étais pour Michael.»

Ça l’a beaucoup fait rire. Depuis, quand il me présente à quelqu’un, il dit : «Je vous présente Julien, c’est le fan n°1 de Michael Schumacher !» (rires). On en sourie encore aujourd’hui. Mon amertume est un peu passé depuis.



Lors du Grand Prix d’Europe à Jerez, le titre de champion du monde se joue entre les 2 pilotes. Le Canadien tente de dépasser Michael Schumacher mais l’Allemand, voyant le titre lui échapper, tente délibérément de provoquer un accident. Jacques Villeneuve (Wiliams) sera sacré champion du monde 1997 de F1 après l’abandon du pilote Ferrari.

En parlant de première fois, elle vient d’où cette fameuse phrase : «Montez le volume, et rendez-vous au premier virage !» ?

(Julien Fébreau) : Cette phrase est venue de manière complètement improvisée, lors du premier Grand Prix de la saison 2013 en Australie. Pendant le tour de chauffe, je me suis demandé comment j’allais expliquer aux téléspectateurs ce qu’il allait se passer dans une minute. Il fallait que je leur explique rapidement, succinctement. Au moment où les monoplaces s’installent sur la grille, le micro allait se couper, et j’ai juste dit: «Montez le volume, et rendez-vous au premier virage !»

Beaucoup de gens me disent que cette phrase est géniale, mais c’est le moment qui est génial. Je suis très touché qu’on associe cette phrase à moi, mais c’est le moment du départ, le silence est vraie signature Canal, et c’est super qu’on est pu l’instaurer avant chaque départ, c’est vraiment une touche maison. Nous sommes très heureux de l’avoir gardé.

Chez Canal +, on a décidé de réaliser une semaine dédiée à la Formule 1 (avant le premier Grand Prix de la saison en Autriche), les retours ont été formidables.

(J.F) : Tous les soirs, nous avions une émission avec un invité, Benjamin Biolay qui vient de sortir un album intitulé «Grand Prix», mais aussi Claude Lelouch, un amoureux de l’automobile qui venait de tourner un court-métrage à Monaco avec Charles Leclerc… On est monté en puissance toute la semaine, du lundi aux premiers essais le vendredi matin.



C’est comme ça que l’on créé l’évènement, et montrer aux abonnés qu’on veut leur offrir un maximum de contenu. Cette semaine a été magnifique. Lorsque l’on est arrivé au moment des essais, le vendredi matin, tout le monde était chauffé à blanc. Certes, nous avons un produit, la Formule 1, qui est ultra premium, mais à Canal +, on veut en offrir encore plus. On s’est régalé à le faire, et au vu des commentaires, les abonnés ont pris du plaisir aussi. On a réussi une nouvelle fois à répondre présent.

On est parti pour une nouvelle saison, avec des conditions sanitaires drastiques (port du masque obligatoire, course à huis clos…).

(J.F) : C’est avant tout parce qu’il faut faire preuve de vigilance, dans ce contexte encore délicat. Bien sur, la Formule 1 est observée par le monde entier, par les fédérations d’autres sports, par le CIO… car la F1 est un sport international, l’un des plus regardés au monde (après les JO et la Coupe du Monde de football — NDLR). Aujourd’hui, elle doit faire office de référent dans ce contexte-là. On en fera jamais assez dans cette situation, mais c’est le prix à payer pour que la F1 continue. Et si d’autres disciplines suivent le mouvement, elles pourront reprendre le cours de leur championnat. Car au final, ce qui intéresse les fans de sport, c’est que ça reparte. La vigilance ne doit surtout pas retomber.

«Fernando Alonso aura 40 ans quand il fera son retour en F1. Ce n’est plus très jeune mais nous sommes dans une époque où les pilotes sont extrêmement bien préparés.»

Peut-on déjà tirer des conclusions de ce premier Grand Prix spectaculaire en Autriche ?

(Julien Fébreau) : La première chose que l’on note, c’est le nombre d’abandons, 9 au total. Ce n’était plus arrivé depuis un bon moment (depuis 2010 : en Australie, à Monaco et en Corée — NDLR). Le manque de pratique et de roulage a créé cette situation particulière. On a pu constater les quelques erreurs commises par les équipes lors des arrêts aux stands. Les équipes ont beau s’entrainer, il n’y a que la pratique qui permet de garder le rythme, le niveau d’exigence, etc…

Et puis les autres enseignements, ils sont avant tout sportifs. Les performances de Mercedes déjà. L’écurie part sur un rythme très élevé. Mais aussi Ferrari, qui est en grande difficulté. Il reste encore un Grand Prix à effectuer sur ce circuit (le Red Bull Ring), puis direction la Hongrie. Cela apportera encore de nouvelles réponses. Mais on sent que tout le monde n’est pas arrivé avec le même niveau de préparation.



À l’heure où l’on parle, la nouvelle n’est pas encore officielle, mais Fernando Alonso devrait faire son retour chez Renault. C’est un choix qui pose beaucoup de questions, notamment sur le long terme…

(J.F) : Premièrement, c’est un choix marketing énorme. Il a été champion deux fois déjà avec Renault, c’est une légende de la F1. Certes avec des meilleurs choix de carrière, il aurait pu devenir 4 voire 5 fois champion du monde, mais l’histoire s’est écrit comme ça. Dans tous les cas, son retour en F1 est un grand évènement, et c’est un très joli coup de la part de Renault. Il aura 40 ans quand il fera son retour en F1. Ce n’est plus très jeune mais nous sommes dans une époque où les pilotes sont extrêmement bien préparés. Il apportera beaucoup pour Renault, par son expérience, sa connaissance de l’écurie. Même si elle a beaucoup changé depuis, il en connait les rouages, et même certains ingénieurs.

Ce sera intéressant de le voir face à Esteban Ocon, qui est sur une rampe de lancement. Il a encore beaucoup de choses à montrer. Reste à voir comment Alonso va se comporter. On sait qu’il a tendance parfois à vampiriser les écuries, à sacraliser un peu tout le monde autour de lui, à manger l’énergie d’une équipe…

Le nouveau règlement technique, reporté en 2022, va-t-il vraiment redistribuer les cartes ?

(J.F) : Je ne pense pas immédiatement, mais c’est tout un processus qui se met en place. Les coûts vont baisser, on a parlé de l’abaissement du plafond budgétaire qui entre en action dès 2021, et donc le changement de règlement en 2022. Cela veut dire que les écuries repartent quasiment de zéro pour développer leur monoplace. Elle sera complètement différente de ce que l’on a pu connaitre précédemment. Et surtout, le développement se fera avec des budgets plafonnés. Cela n’aurait pas été le cas si la mesure avait été mise en place dès l’année prochaine. Les plus grosses équipes seront toujours devants je pense, mais il est certain que les petites écuries auront une chance d’être à nouveau au contact. Peut-être pas dès 2022, mais dans les années qui suivront c’est certain.



Retour à Spielberg ce week-end, à quoi peut-on s’attendre ?

(Julien Fébreau) : C’est l’apprentissage du premier week-end qui entre en jeu. Les écuries vont pouvoir apprendre de leurs erreurs. Il faut que la fiabilité soit à nouveau au rendez-vous. Les vibreurs par exemple, ont posé quelques problèmes sur certaines voitures, au niveau des capteurs notamment. Les pilotes, les mécaniciens… tout le monde s’est remis dans le bain après ces trois premiers jours de course. La physionomie devrait être quelque peu différente, notamment dans l’approche du week-end. Mais les forces en présence ne devraient pas foncièrement évoluées, les monoplaces ne vont pas connaitre de nouveautés ce week-end, elles devraint intervenir la semaine suivante en Hongrie.

Un dernier mot pour la F1 (fin) ?

(J.F) : Un dernier mot pour la F1 ? Ah oui, F1, fin, c’es très fin. Eh bien, j’ai faim, et rendez-vous au premier virage (rires).


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