EXCLU. Théo Pourchaire : «En 2021, c’est la F2, en 2022, pourquoi pas la F1 ?»

Théo Pourchaire
Le Français est monté à huit reprises sur un podium en F3 cette saison.

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Tout juste vice-champion de F3 avec Art Grand Prix, Théo Pourchaire s’apprête à courir en catégorie supérieure le week-end prochain, pour les deux dernières manches de la saison de F2 à Bahreïn. À 17 ans seulement, le jeune Grassois ne cache pas ses ambitions élevées, mais garde toujours la tête sur les épaules à l’approche d’importantes échéances. En attendant 2021.

Comment te sens-tu à quelques jours de tes débuts en F2 ?

Je dois dire que j’appréhende un petit peu. Je ne connais pas la voiture et l’équipe. J’ai beaucoup de choses à apprendre [lors des deux dernières manches du championnat], surtout avec cette nouvelle écurie. Au moins, je suis de retour à Bahreïn, que je connais pour y avoir fait les essais d’avant-saison en F3, en février dernier. Je viens surtout prendre un maximum d’expérience pour l’année prochaine, et du plaisir. Le deuxième week-end sera vraiment intéressant aussi, sur un circuit où il y aura beaucoup moins de virages [sur le tracé externe de Sakhir].

Je sais que ce n’est pas la meilleure écurie du championnat, mais on va essayer de progresser ensemble et rentrer dans les points.

C’est deux manches pour apprendre avec HWA Racelab ?

Oui, je n’ai pas d’objectif précis. Forcément en tant que compétiteur, j’y vais pour gagner. Mais tous les autres pilotes seront en fin de saison et auront bien plus d’expérience, moi je vais la découvrir [la monoplace] lors des essais ! Je n’ai rien à jouer, j’y vais juste pour apprendre un maximum d’expérience. Je sais que ce n’est pas la meilleure écurie du championnat, mais on va essayer de progresser ensemble et rentrer dans les points.

C’est quoi la différence entre une monoplace de F2 et F3 ?

C’est beaucoup plus puissant ! Les F2 sont équipées de moteur turbo. Il y aussi des plus grosses roues, qui changent énormément le comportement de la voiture. Après, ça reste une monoplace, il ne faut pas changer son style de pilotage. La dégradation des pneus sera plus importante également, le premier week-end ne sera pas simple. Il faudra commencer doucement, comme j’ai l’habitude de le faire.

Il y a un mois, tu déclarais sur le plateau de «Formula One Le Mag» de Canal + discuter ’avec des tops team’ pour 2021, ou en es-tu aujourd’hui ? Ta priorité est de rester chez Art Grand Prix ?

En F2, il y a beaucoup de bonnes écuries, c’est ça la différence avec la F3 où Prema domine pas mal. En F2, c’est plus incertain. Il y a beaucoup d’écuries qui peuvent se battre pour le titre. Nous avons des discussions ensemble [avec ART GP], mais je peux rien annoncer pour le moment. C’est sur que je souhaiterais poursuivre l’aventure avec eux !

J’y pensais tout le temps, au titre.

Avec le soutien financier de Sauber Academy (et Alfa Romeo Racing) cette saison, il fallait que tu obtiennes des résultats assez rapidement ?

Il y a une attente de résultats de leur côté c’est clair, mais je suis aussi soulagé parce qu’il m’aide, ça m’enlève un poids pour la suite. C’est eux qui m’aide à gérer ma carrière. En plus, Alfa Romeo a très souvent des baquets en F1, c’est important pour moi. C’est top d’être resté, j’en suis reconnaissant [le seul des 4 pilotes à être conservé en 2020]. Surtout, il n’y pas beaucoup de Junior Team aussi compétitive. Une place en F1, ça se joue souvent à un baquet près.

Que penses-tu du nouveau format en F2 l’année prochaine, avec 3 courses par week-end désormais ?

J’ai hâte de découvrir le format. On aura des week-ends très chargés, mais le calendrier est intéressant. Déjà, il y a Monaco, c’est top ! Baku [Azerbaïdjan] et Djeddah [Arabie Saoudite] seront des challenges. Et puis, il y a aussi Yas Marina [Abu Dhabi], c’est un circuit que je connais pas. Ça fait très peu de circuits européens finalement. Nous allons à Silverstone et Monza, c’est le principal (rires). Mais quand on regarde le calendrier, il y a beaucoup de circuits en ville, ce sera très important d’être bon en qualifications, et constant tout au long du week-end.

C’est quoi ton programme des prochains jours ?

Je finis ma préparation physique à la maison, en même temps que les cours. Je pars un mois à Bahreïn, j’ai quand même le baccalauréat cette année. Je prends l’avion ce lundi [23 novembre], et dès mardi nous allons commencer les préparatifs. Les rendez-vous avec les ingénieurs, la préparation du meeting, je dois mouler mon baquet aussi. On a beaucoup de choses à faire, en très peu de temps. Mais c’est très intéressant, car je ne les connais pas du tout [les mécaniciens], je vais les découvrir mardi. Ils vont m’apporter plein de bonnes choses. Ce n’est évidemment pas la meilleure option, car il peut avoir beaucoup d’éléments à emmagasiner, mais je suis prêt.

Comment tu as vécu cette saison 2020 si particulière et inédite ?

C’était vraiment une année bizarre au début, il fallait s’y habituer. La saison a commencé en juillet, c’est très tard. Sans oublier de faire 50 tests covid durant l’année, de porter le masque tout le temps, c’est vraiment particulier. C’est une autre atmosphère. Le plus compliqué, c‘était l’enchainement des courses, les ’triple headers’ [un enchaînement de 3 courses en 3 week-ends] comme ils appellent ça. En fin de saison, c’est sur que ça tire. Surtout en F2 et F3, nous n’avons pas de direction assistée, ça l’est encore plus. Tout le monde était fatigué. Mais nous avons vécu une très belle saison, on était les seuls à rivaliser avec les trois Prema.

Raconte-nous ta dernière course au Mugello ? Tu as pensé au titre à ce moment-là ?

J’y pensais tout le temps, au titre. Je n’étais vraiment pas loin, c’est comme ça. J’ai tout donné au Mugello, en partant huitième pour finir troisième. Pour trois points seulement, c’est comme ça. On a tout donné, on savait qu’on n’était pas les plus rapides. Même si Art GP a fait une saison incroyable, on savait que face à Prema, la bataille allait être rude. Ils étaient imbattables, avec des très bons pilotes. Ça les a aidé bien sur.

Ton meilleur souvenir de cette année ?

Ma première victoire au Grand Prix de Styrie [deuxième meeting de la saison]. C’était une très belle course, j’ai bien géré ma course. J’ai croisé Hamilton à la sortie du podium, il m’a vu, et m’a fait un pouce ne l’air. Les pilotes de F1 s’intéressent à la F2 et F3, ils sont passés par là eux aussi. Ça m’a fait plaisir de voir un grand champion suivre la course.

Cette année, tu passes aussi ton baccalauréat et ton permis ?

Oui j’ai les deux cette année. Ce n’est pas simple comme vie d’ado. Je ne suis quasiment jamais chez moi, il faut quand même que je travaille à l’extérieur. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver, il faut faire des études et avoir un bagage derrière soit. Bon, pour le permis, ce n’est pas très compliqué de conduire une voiture, mais la route ce n’est pas un circuit !

 

Qui est Théo Pourchaire ?

À 17 ans seulement, Théo Pourchaire est l’un des plus grands espoirs du sport automobile français. Impressionnant en catégories jeunes, le natif de Grasse poursuit son ascension vers la F1. Plus jeune pilote de la grille en F3 cette année, il y a remporté deux courses — le plus jeune pilote à le faire, à 16 ans — et est monté à huit reprises sur le podium. Le Français est déroutant pour son jeune âge, surtout en piste, avec un pilotage propre et réfléchi qui le caractérise.

1) Comment définirais-tu ton style de pilotage ?

J’essaye d’être constant, sur toute la longueur du championnat. Je suis calme, mais j’arrive à trouver cette part d’agressivité, quand il le faut. Sur la piste, je suis quelqu’un de réfléchi, je ne suis pas une tête brulée. Je vais surtout éviter les contacts inutiles et les dépassements de fous. En F3, il y a beaucoup de pilotes qui sont dangereux… (rires). Il faut faire attention !

2) Tu as un modèle en F1 ?

J’aime bien Lewis Hamilton. C’est évidemment le meilleur de sa génération. Il est incroyable ! Quand ça va, il gagne, quand ça ne va pas, il gagne aussi. Mais j’aime beaucoup Sebastian Vettel. Il est dans une phase compliquée, mais c’est un super champion.

3) Une écurie dans laquelle tu aimerais courir ?

J’aimerais rejoindre Alfa Romeo, évidemment, il m’aide depuis deux ans. Si je pouvais atteindre la F1, ce serait incroyable. C’est le but ultime. Alfa Romeo n’est certes pas la plus performante, c’est une vraie famille. Fred Vasseur (patron d’Alfa Romeo Racing) et Beat Zehnder (patron de Sauber), les deux étaient super contents pour moi cette saison, ils venaient me voir au podium et m’appelaient régulièrement. Ils veulent continuer avec moi, et moi aussi.

Je me dis : en 2021, c’est la F2, en 2022, pourquoi pas la F1 ? Ce serait fou, mais pourquoi pas ! Il faut faire une bonne saison dans tous les cas. Si la performance est là, je mériterai d’avoir une place.


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