Essai Range Rover Evoque P300e : que vaut la version hybride rechargeable du SUV compact ?

Après le succès commercial de la première génération, Land Rover déploie la deuxième génération du Range Rover Evoque. Si côté style, le modèle n’évolue que très peu, sous son capot, le SUV compact gagne une motorisation hybride rechargeable de 300 ch baptisée P300e et profite d’une fiscalité avantageuse. 
Range Rover Evoque

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Inutile de vous le présenter. Le Range Rover Evoque est sans conteste le best-seller de la marque britannique. Avec plus de 800 000 exemplaires écoulés à travers le monde depuis sa sortie en 2012, le SUV compact a fait son grand retour en 2019 pour une deuxième génération. Mais après une année 2020 rythmée par la crise sanitaire et les lourds malus imposés par les gouvernements, difficile pour le constructeur de faire baisser la facture de ses modèles…

Alors, Land Rover est obligé d’électrifier sa gamme. Un an après l’apparition de cette nouvelle génération, l’Evoque reçoit une version hybride rechargeable. Baptisée P300e, cette version du SUV compact dispose d’une motorisation thermique timide avec un 3‑cylindres 1.5 litre de 200 ch. Ce bloc s’associe à un moteur électrique de 109 ch floqué sur l’essieu arrière. Au total, le modèle revendique 309 ch, et grâce à une batterie de 15 kWh logée sous la banquette arrière, l’Evoque peut rouler en tout électrique jusqu’à 55 km.

Avec cette motorisation, l’Evoque échappe donc à un lourd malus et offre notamment la possibilité, pour les entreprises, d’être exonérées de la TVS.

Une recette inchangée

À l’extérieur, le Range Rover Evoque évolue très peu. Globalement, le SUV compact reprend les traits de caractère de son grand frère, le Velar. On retrouve donc une face avant plus moderne avec des optiques affinées. La calandre a elle aussi subi quelques modifications. Véritable franchisseur dans l’âme, le modèle dispose d’une garde au sol relativement élevée, de quoi s’aventurer hors des sentiers battus.

Comme à l’avant, l’arrière de l’Evoque ne change que très peu par rapport à la première génération. Hormis l’installation d’une signature lumineuse plus moderne reliée par un bandeau en noir laqué, le SUV propose toujours un style dynamique. On notera également l’apparition des poignées de portes affleurantes, identiques à celles du Range Rover Velar.

Côté mensurations, l’Evoque conserve ses proportions culminant ainsi à 4,37 m de long, 1,90 m de large et 1,64 m de haut. À noter que cette deuxième génération ne se décline plus en coupée et en cabriolet. En raison des ventes trop faibles, la marque propose uniquement son SUV compact en version cinq portes.

Luxe et technologie à bord

Si à l’extérieur, les designers n’ont pas pris de risques, à bord, l’ambiance est largement plus moderne. Les boutons ont disparu au profit de plusieurs écrans. L’instrumentation est assurée par une dalle numérique de 12,3 pouces, avec la possibilité de personnaliser la disposition des compteurs.

Au centre, le système d’infodivertissement de 10 pouces surplombe la planche de bord. Celui-ci peut même être incliné selon vos envies. Juste en dessous, un autre écran, lui aussi de 10 pouces et tactile, permet de gérer la climatisation et les modes de conduite.

Puisqu’il s’agit d’un Range Rover, la présentation est ultra soignée. Du cuir s’étend de la planche de bord aux panneaux de portes. Sans surprise, l’ensemble est raffiné et de bon goût. L’Evoque s’inspire largement du Velar, tant au niveau de sa présentation que de ses prestations.

Sur les traces de son grand frère, le SUV compact s’offre aussi des technologies innovantes. Pour pallier au manque de visibilité en raison d’une lunette de toit inclinée, l’Evoque peut se doter d’une caméra intégrée au rétroviseur central. Logée dans l’antenne “requin”, celle-ci propose une définition remarquable. Un temps d’adaptation sera nécessaire pour s’habituer à ce système.

D’autres caméras sont placées un peu partout autour de l’Evoque. L’une d’entre elles permet même de faire “disparaître” le capot, permettant de savoir où l’on pose ses roues.

Confort et souplesse au volant

Au démarrage, le Range Rover Evoque P300e se lance en mode électrique. Tout en silence, le SUV compact de plus de deux tonnes évolue en douceur. D’ailleurs, la poussée instantanée de l’électrique lui permet de gommer son poids important, notamment lors des relances à l’arrêt. Annoncée avec une autonomie de 55 km selon le cycle WLTP, le modèle peut même s’aventurer sur autoroute jusqu’à 135 km/h. Mais à ce rythme, la batterie se décharge à vitesse grand V. Sur notre parcours agrémenté de villes, de routes de campagne et d’axes rapides, nous avons mesuré entre 35 et 45 km d’autonomie, selon la sollicitation à l’accélérateur évidemment.

Une fois les batteries vides, il est temps de passer en mode hybride. Et là, surprise ! À l’inverse de beaucoup de modèles hybrides rechargeables, l’Evoque P300e passe du bloc électrique au thermique dans un silence de cathédrale. Seul le conducteur pourra se rendre compte du réveil du 3‑cylindres 1,5 litre de 200 ch en jetant un coup d’oeil au compte-tours.

Essai vidéo du Hyundai Bayon

Globalement, le Range Rover Evoque hybride rechargeable se montre plutôt dynamique. Son train avant incisif et sa direction précise ne le rendent pas ridicule sur les routes sinueuses. Toutefois, le SUV n’est pas fait pour être bousculé. Dans les épingles, cette version P300e prend légèrement du roulis et rappelle le poids important du modèle. Il parvient tout de même à s’extirper naturellement d’un virage à l’aide du bloc électrique.

Le boîte automatique à 8 rapports s’avère être bien étagée pour une conduite tranquille. En revanche, lorsque l’on hausse un peu le rythme, celle-ci prend plus de temps à faire tomber les rapports. Pas vraiment de quoi s’inquiéter, l’électrique est là pour rattraper le coup. Et même si la batterie est entièrement déchargée, l’Evoque P300e conserve un seuil de charge pour permettre de traverser un village en mode 100% électrique.

L’architecture hybride de l’Evoque participe à l’équilibre de l’auto et offre un centre de gravité plus bas de 6 % par rapport à une version thermique standard. Un Land, reste un Land. Résultat, le moteur électrique, placé sur les roues arrière, permet d’assurer une transmission intégrale sans lien mécanique. Le SUV est donc capable de faire du tout-terrain. Malheureusement, l’Evoque P300e ne dispose pas de suspensions pilotées, contrairement à ses variantes 100% thermiques.

Et côté recharge ?

Le Range Rover Evoque P300e peut recharger sa batterie de 15 kWh en 7h sur une prise domestique. Une Wallbox de 7 kW lui permettra de faire le plein d’électricité en 1h24. Et grâce à l’installation d’une prise CSS Combo, le SUV compact peut se recharger en 30 min sur une borne rapide jusqu’à 32 kW. Il s’agit de l’un des rares modèles hybrides rechargeables du marché à proposer ce dispositif.

Lors de notre essai, nous avons mesuré une autonomie globale (électrique + essence) d’environ 650 km. À noter qu’avec l’installation de la batterie et du bloc électrique, le SUV conserve un réservoir d’une capacité de 57 litres.

Côté consommation, l’instrumentation nous affiche une moyenne relativement raisonnable de 8,7 litres. Bien sûr, en sollicitant d’avantage le bloc thermique, elle passera au-delà des 10 litres. Pas de grande surprise, on sait que l’hybride rechargeable consomme plus qu’une version thermique simple.

Notre verdict

Pour éviter les malus, Land Rover fait le choix logique d’électrifier sa gamme. L’Evoque ne déroge pas à la réputation de la marque et propose un habitacle mêlant un confort et une finition de haute volée. La version P300e offre une bonne alternative, notamment au niveau de sa fiscalité. Pas de malus, ni de bonus (prix trop élevé), une carte grise gratuite, bref, le SUV britannique coche toutes les cases de ce que l’on attend d’une version hybride rechargeable.

Mais cette prestation se paie cher. Notre modèle d’essai dans sa finition HSE est facturé 76 296 euros. Hors options, l’Evoque P300e est disponible à partir de 52 550 euros. À titre de comparaison, la version P200 du modèle, dénuée d’hybridation, demande 59 160 euros, mais est alourdie d’un malus compris entre 6 000 et 8 000 euros.

ON VALIDE :

  • Un habitacle luxueux
  • Son confort exemplaire
  • Des volumes de coffre et la capacité du réservoir préservés
  • Son style

ON VALIDE MOINS :

  • Son poids trop élevé
  • Pas de bonus

 

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