L’interdiction totale des voitures thermiques en 2035 n’est plus aussi rigide qu’annoncé. Bruxelles ouvre finalement la porte à des exceptions, sous conditions strictes, sans renoncer totalement à l’objectif du tout-électrique. Explications.
Le calendrier semblait gravé dans le marbre. Mais la crise que traverse le secteur automobile a poussé l’Union européenne à ajuster sa trajectoire et à revenir sur sa volonté du tout-électrique à partir de 2035.
À dix ans de l'échéance, la Commission vient d'annoncer un assouplissement très encadré de la fin des voitures thermiques. Une décision attendue par les constructeurs, mais loin d’être un blanc-seing pour continuer comme avant.
Le tout-électrique maintenu, mais moins brutal

Sur le fond, le cap ne change pas vraiment. Bruxelles confirme la volonté de décarboner massivement l’automobile à l’horizon 2035. En revanche, la méthode évolue.
Les marques ne devront plus atteindre zéro émission sur l’ensemble de leurs ventes, mais viser une réduction moyenne de 90%, contre 100% auparavant. Une nuance de taille qui laisse une petite marge de manœuvre. "L’objectif reste le même, les flexibilités sont en réalité des réalités pragmatiques au vu de l’adhésion des consommateurs, de la difficulté des constructeurs à proposer sur le marché du 100% électrique pour 2035", a déclaré mardi 16 décembre le commissaire européen Stéphane Séjourné.
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Dans ce cadre, certaines voitures thermiques pourraient encore être commercialisées après 2035. Cela concerne aussi les hybrides rechargeables performants et les électriques dotés d’un prolongateur d’autonomie. Mais ces ventes resteront limitées et étroitement surveillées.
Compenser pour continuer à vendre
La règle est simple. Toute émission supplémentaire devra être neutralisée. Pour y parvenir, les constructeurs pourront s’appuyer sur des mécanismes de compensation, comme l’utilisation d’acier bas carbone produit en Europe ou le recours à des carburants alternatifs avancés.
Concrètement, chaque gamme devra respecter une moyenne très basse d’émissions. Un modèle très polluant devra être compensé par plusieurs véhicules zéro émission. À défaut, des pénalités financières tomberont automatiquement.
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Cette décision est aussi le fruit de longues discussions entre États membres. Paris plaidait pour des conditions strictes et une production majoritairement européenne. Berlin défendait une approche plus souple. Finalement, un terrain d’entente a été trouvé, au bénéfice de l’industrie allemande.
Pour équilibrer le dispositif, Bruxelles promet un coup de pouce supplémentaire aux petites voitures électriques fabriquées en Europe. L’idée est d'accélérer l’électrification du parc tout en sécurisant l’avenir industriel du continent, malgré des incertitudes persistantes sur les énergies alternatives, comme les carburants synthétiques, encore rares et trop coûteux.

