Ils pensaient acheter un véhicule éthique et avant-gardiste. Aujourd’hui, certains propriétaires de Tesla veulent tourner la page, et pour cause. La marque est désormais associée, bien malgré eux, à une image politique sulfureuse. Ils saisissent la justice.
Ce n’est plus seulement une voiture, c’est devenu un vrai symbole. Et pour une partie des clients de Tesla, ce symbole est devenu trop lourd à porter. En France, une dizaine de propriétaires attaquent la marque en justice.
Leurs voitures, disent-ils, sont régulièrement dégradées ou ciblées en raison des prises de position publiques d’Elon Musk. Le PDG de la marque, devenu figure politique clivante, est au cœur d’une procédure inédite engagée devant le Tribunal de commerce de Paris.
Quand le patron fait de l’ombre à son produit

Les plaignants, représentés par le cabinet GKA, ne reprochent pas un défaut de fabrication, mais un préjudice moral et matériel lié à la perte de valeur de leur véhicule. "Le vendeur doit garantir à l’acquéreur la jouissance paisible du bien cédé", rappelle Maître Ivan Terel. Et pour ses clients, cela n’est plus possible. Graffitis, rayures, incivilités… leurs Tesla ne roulent plus sereinement.
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Certains ont tenté de les revendre, sans succès. La marque, trop associée à Elon Musk, rebute désormais une partie du marché.
"C’est une accumulation, il n’y a pas forcément un comportement précis", expliquait déjà il y a quelques mois Marc Barthel, un propriétaire qui voulait se séparer de sa voiture électrique. Ce qu’il ressentait alors semble s’être transformé en action collective, avec une plainte qui vise autant Tesla France que la maison-mère américaine.
Tesla : l'image de marque en chute libre
Une dizaine de propriétaires français de voitures Tesla attaquent le constructeur en justice. Ils estiment qu'ils ne peuvent plus rouler en toute sécurité depuis que le patron de la marque Elon Musk a rejoint Trump. Ils l'accusent d'être responsable des dégradations de véhicules. pic.twitter.com/8HUAFQ2xx7
— Métamorphose 47 (@Metamorphose_47) June 12, 2025
Depuis le début de l’année, Tesla subit un recul mondial de ses ventes, particulièrement en Europe. À cela s’ajoute une chute brutale en Bourse. Les causes seraient directement liées au comportement d’Elon Musk, aujourd’hui engagé politiquement aux côtés de figures controversées comme Donald Trump, Benjamin Netanyahu ou encore des mouvances d’extrême droite. Un PDG omniprésent dont l’image déborde largement celle de ses produits.
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"Les véhicules de la marque sont devenus des symboles politiques forts et apparaissent désormais comme de véritables totems d’extrême droite", affirme le cabinet GKA dans son communiqué. Une situation jugée insupportable pour ceux qui avaient acheté une Tesla pour ses promesses écologiques ou technologiques, sans imaginer que leur choix serait un jour perçu comme un marqueur politique.
"Cette action judiciaire soulève une question inédite : un acquéreur peut-il être privé de la jouissance paisible de son bien du fait du comportement public du dirigeant du constructeur ?", s’interrogent les avocats Patrick Klugman et Ivan Terel. Le tribunal de commerce de Paris devra désormais se pencher sur ce cas atypique, dont l’issue pourrait faire jurisprudence.

